Enfant parti trop tôt, famille brisée : et après ?

Quand non-dits et culpabilité se mêlent aux souvenirs heureux, et que le passé et l’avenir se conjuguent au présent imparfait.

femme dans un champ de lavandin au soleil couchant

11 décembre 2025. La journée mondiale des enfants partis trop tôt est un jour officiel pour se souvenir, pour parler, et partager. Mais en réalité, pour ceux qui l’ont vécu, chaque jour est celui de cette perte.

Ce que je partage moi, en ce jour particulier, c’est « La Balançoire, nos étoiles, et nous ». Un roman sincère et vibrant, sur l’histoire d’une mère et sa fille qu’un drame familial a éloignées.

Le drame en question : un père et un enfant emportés un après-midi d’été en Provence.

Mais plus que du deuil, il parle de ceux qui restent. Et ce qui reste. Parce que c’est ça qui les a emmenées là où elles en sont quand le roman commence. Les non-dits, la culpabilité ; ce poids qui peut peser sur les vies abîmées.

Quand le drame ne s’arrête pas au jour de la mort : des étoiles s’éteignent, d’autres se rallument

Une famille bouleversée

Quand une famille perd un ou plusieurs de ses membres, c’est tout l’écosystème familial qui est perturbé. Et ceux qui restent, les enfants comme les adultes, doivent s’adapter à ce nouvel environnement. Comme toute espèce vivante dans la nature, face à une perturbation…

Chacun réagit et agit à sa façon. Certains se murent dans le silence, d’autres laissent éclater leur chagrin. Se parlent ou se terrent. Prennent sur eux ou partagent. Et surtout, fait de son mieux. Parce que d’abord, il survit. Et après, parfois, il arrive à vivre, un peu mieux.

Et quand on survit, on va à l’essentiel, avec les moyens du bord. Chacun les siens.

Les non-dits, réflexe de survie… qui devient mur entre mère et fille

Les non-dits, le mensonge par omission, sont autant de subterfuges pour ne pas faire face à une réalité que l’on aimerait différente. Quand on décide de garder quelque chose pour soi, on le fait souvent pour deux raisons principales (qui parfois s’entremêlent) :

  • Pour protéger ceux que l’on aime ;
  • Pour se protéger soi.

J’ai dit « on décide », parce que ce que l’on se dit souvent dans cette situation, c’est « je n’ai pas le choix ». Vaste sujet, et je pense, personnellement, que le choix, même inconscient, est bien plus présent qu’on ne voudrait l’admettre.

Le fait est que ne pas se dire certaines choses, c’est dresser une barrière. Et elle peut devenir très haute, longue, très opaque, au point de ne pas parvenir à la contourner, ou la franchir.

Résultat ? Cette séparation casse quelque chose dans une relation, qu’elle soit dans un couple, ou intra familiale. C’est ce que j’explore dans ce roman, à travers la relation mère-fille entre Lucia et Isa. Mais pas que.

La culpabilité qui s’infiltre partout : « j’aurais dû… », « j’aurais pu… »

Isa est rongée depuis cet accident par une culpabilité qui a sérieusement entamé sa confiance en elle. Est-ce qu’elle est capable de réussir quelque chose ? D’être digne de confiance ? Elle y croit, et c’est pour ça, et pour s’éloigner de ce mur qu’elle ne supporte plus. Pour respirer, et espérer « autre chose ».

Sauf que laisser le passé derrière soi, c’est comme croire que l’on peut faire passer l’amertume par le sucre : on se raconte l’histoire qui nous arrange, ça fait passer la pilule, mais ça ne dure qu’un temps. Et au fond, le goût n’est pas meilleur.

Comment construire un avenir sur un passé mal composé ?

Les souvenirs heureux : un éclair dans la nuit, mémoire d’un temps passé

Un souvenir, c’est souvent très paradoxal. Il peut évoquer un moment joyeux, et rappeler qu’il est terminé. Il témoigne de ce qui a existé, et nourrit la nostalgie d’un temps passé.

L’enfance est un terreau pour les souvenirs. Les jeux, les disputes, les découvertes. Les drames, petits ou grands. Isa va plonger en eux, à mesure qu’elle grandit, parce qu’ils sont une partie d’elle, et ça, elle n’y peut rien.

Et si on faisait confiance à ce que l’on ressent quand ils nous traversent ? S’ils nous donnent le sourire, c’est peut-être parce que c’est ça, le plus important, cette joie, cet amour, cet espoir qu’il transmet, et qu’on a le droit de ressentir. Sans peur, sans culpabilité.

Ils font partie d’une réalité qui, certes, n’est plus, mais qui a eu le mérite d’exister. Ils disent d’où on vient, et on peut choisir ou pas de les laisser nous accompagner pour continuer. Les honorer, c’est aussi rendre hommage à ce que l’on a aimés et qui nous ont quittés.

Et c’est aussi valable même quand il n’est pas question d’un deuil.

Des blessures que l’on retrouve dans d’autres histoires que les deuils

La famille est pour certains un cadeau, pour d’autres un fardeau. Les silences qui entourent un événement, les liens qui se font et se défont, les loyautés dont il est difficile de se défaire… Tellement de sujets sont prétexte à laisser le flou s’installer !

C’est ce que j’ai voulu creuser, avec l’histoire de cette jeune adulte qui s’est construite sans fondations. Mais cette histoire est aussi celle d’une femme, une mère, qui s’est murée dans un silence qui l’a dépassée.

Les souffrances ne sont pas les mêmes, mais les espoirs s’entrelacent. Celui d’un futur éclairé par les joies du présent. Celui d’essayer de réparer les liens abîmés. Pas pour oublier, mais pour faire un pas vers le pardon. Le pardon de soi, avant le pardon de l’autre. Et surtout, mettre de côté les rancœurs, celles qui rendent triste et malheureux.

Pour qui cette histoire peut résonner

  • Si vous avez perdu un enfant ou un proche parti trop tôt ;
  • Si vous portez des non-dits, des secrets ou une culpabilité familiale ;
  • Si vous portez un poids qui ne vous appartient pas forcément ;
  • Si vous voulez élargir votre champ de pensée et de vision, pour lire au-delà des apparences ;

Cette histoire est l’histoire d’un espoir de vie apaisée, bâtie sur les cendres d’un passé douloureux, avec des fondations plus ancrées que jamais dans le présent, et le regard tourné vers l’avenir.

Conclusion

Ce que j’ai voulu offrir avec ce roman : de la douceur, de la nuance, la possibilité de se reconnecter à son enfant intérieur, pour mieux cheminer avec l’adulte que l’on est devenu.

Mieux vivre avec soi et avec les autres est un idéal souvent inconscient. Et je pense que l’atteindre n’est pas impossible, mais demande un effort. Celui de prendre le temps de réfléchir à qui l’on est, et ce qui est devant nos yeux. Celui de faire preuve d’empathie envers nous-même, et envers les autres, même quand on ne les comprend pas.

Surtout quand on ne les comprend pas.

Pas pour excuser. Pour expliquer. Parce que voir est la première étape pour regarder. Alors essuyons nos lunettes pour mieux voir à travers. Et alors, c’est un champ des possibles qui s’ouvre. Le vôtre. Devant vous.

Ce roman est une invitation à honorer ceux qui sont partis, sans oublier ceux qui doivent continuer à vivre, et qui méritent de le faire « bien ».

Pour partager :

2 réflexions sur “Enfant parti trop tôt, famille brisée : et après ?”

  1. Un très bel article, qui présente bien les principales thématiques de ton livre. J’ai hâte de découvrir cela mais ma PAL est grande et j’ai moins tendance à lire sur ma Kindle, alors je ne te promets par un retour pour tout de suite. 😉

Dis-moi ce que tu as pensé de cet article !

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